Plus de quatre entreprises agroalimentaires sur dix (44 %) sont confrontées à une hausse des coûts et à des perturbations dans l’approvisionnement en intrants essentiels, tels que les engrais, en raison des perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, selon de nouvelles données publiées par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).
« Les impôts élevés, les formalités administratives persistantes et la hausse des coûts énergétiques pèsent déjà sur l’approvisionnement alimentaire du Canada. Aujourd’hui, les perturbations liées au détroit d’Ormuz aggravent encore la situation », a déclaré Juliette Nicolaÿ, analyste des politiques bilingue à la FCEI. « Les entreprises agricoles dépendent d’intrants importés et sensibles aux prix, comme les engrais ; tout retard ou toute flambée des prix les touche donc durement, en particulier pendant les saisons des semis et des plantations. »
Le secteur agricole canadien est confronté à une pénurie d’entrepreneuriat, aucune nouvelle entreprise n’ayant fait son entrée dans le secteur depuis le quatrième trimestre de 2022. En avril, le Baromètre mensuel des affaires de la FCEI a montré que la confiance des entreprises agroalimentaires canadiennes restait également parmi les plus faibles de tous les secteurs, à 53,3 points, reflétant l’environnement commercial difficile actuel.
Dans une lettre récemment adressée au ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Heath MacDonald, la FCEI a mis en avant trois priorités essentielles pour renforcer la compétitivité du secteur agroalimentaire : alléger la charge fiscale globale, réduire les formalités administratives et le fardeau réglementaire, et protéger les droits de propriété sur les terres agricoles.
La plupart (90 %) des entreprises agroalimentaires se disent inquiètes pour l’avenir de l’agriculture canadienne en raison du fardeau réglementaire, tandis que près de sept propriétaires d’entreprises agroalimentaires sur dix ne recommanderaient pas de créer une entreprise dans ce secteur en raison des formalités administratives.
Avec le projet de train à grande vitesse Alto et d’autres grands projets, un quart des entreprises agroalimentaires (26 %) ont également déclaré craindre que les projets d’infrastructure ne menacent leurs droits de propriété.
« L’approvisionnement alimentaire du Canada est menacé, et la perte d’entrepreneurs agricoles ne fait qu’aggraver la situation. Les gouvernements doivent protéger les terres agricoles et collaborer avec les agriculteurs avant d’introduire de nouvelles réglementations environnementales, des modifications de zonage ou des initiatives d’expansion urbaine », a déclaré Christina Santini, directrice des affaires nationales de la FCEI.
La FCEI demande au gouvernement fédéral de rétablir la confiance dans le secteur agroalimentaire et de renforcer sa compétitivité en :
- réduisant le taux d’imposition des petites entreprises de 9 % à 6 %
- augmentant le seuil de la déduction pour petites entreprises (DPE) à 700 000 $ et le montant des revenus passifs à 70 000 $, et en les indexant à l’avenir
- Mettant en œuvre une règle « deux pour un » concernant les nouvelles réglementations
- Réduisant les formalités administratives et améliorant le service à l’Agence canadienne d’inspection des aliments
- Simplifiant les programmes relatifs à la main-d’œuvre et à la gestion des risques d’entreprise
- Modernisant la déduction pour petites entreprises et soutenant la planification de la relève
- Collaborant avec les provinces pour protéger les droits de propriété sur les terres agricoles.
« Les entreprises agricoles ont besoin de certitudes et de soutien pour être compétitives et s’adapter aux défis économiques actuels. Les exploitations agricoles et les producteurs jouant un rôle si crucial dans l’économie canadienne, le gouvernement doit les écouter et agir dès maintenant pour renforcer ce secteur clé », a déclaré Mme Santini.
(Photo de Fertilizer Canada)
