Le rapport de UNCTAD montre comment la hausse de la demande de minerais essentiels à la transition énergétique est en train de remodeler le commerce mondial. Ces minerais, dont le lithium, le cobalt, le nickel, le cuivre et les terres rares, sont essentiels pour les technologies de l’énergie propre, l’électrification et la numérisation.
Mais la demande n’est qu’une partie de l’histoire. L’offre est concentrée, une grande partie de la valeur est captée après l’extraction et les gouvernements font de plus en plus appel à la politique commerciale pour sécuriser l’accès, renforcer les capacités nationales et réduire les risques.
La demande de minerais essentiels à la transition énergétique est stimulée par les technologies de l’énergie propre, le stockage d’énergie dans des batteries, la mobilité électrique, la numérisation, les centres de données, les semi-conducteurs et l’électrification industrielle.
La demande de lithium devrait augmenter de 353 % entre 2024 et 2040, tandis que celle du graphite devrait croître de 131 %. Les technologies propres devraient également représenter une part croissante de la demande. Leur part dans la demande de lithium devrait passer de 62 % en 2024 à 87 % en 2040.
Le rapport souligne la nécessité de diversifier les sources d’approvisionnement, d’améliorer la transparence des marchés et de renforcer la coopération internationale. Cela peut contribuer à soutenir un commerce ouvert, stable, sûr, transparent, fondé sur des règles et durable.
L’offre est concentrée dans quelques pays
L’offre de minerais essentiels à la transition énergétique est concentrée au niveau des réserves, de l’extraction minière, du traitement et du raffinage. Cette concentration est particulièrement marquée pour le traitement et le raffinage, où les activités à plus forte valeur ajoutée ont lieu.
En 2025, la République démocratique du Congo représentait 74 % de la production mondiale de cobalt, l’Indonésie 67 % de la production mondiale de nickel et la Chine 69 % de la production mondiale de terres rares.
La Chine domine également le raffinage des terres rares, du lithium et du cobalt. L’Indonésie représente 43 % de la capacité mondiale de raffinage du nickel.
Diversifier les capacités de traitement, promouvoir le recyclage et renforcer les chaînes de valeur nationales prendra du temps. Cela nécessitera également des investissements à long terme et un appui politique coordonné.
La politique commerciale vise à sécuriser les chaînes d’approvisionnement
Les gouvernements recourent de plus en plus à la politique commerciale pour garantir l’accès aux minerais essentiels, renforcer la compétitivité industrielle et bâtir des chaînes d’approvisionnement plus résilientes.
Depuis 2020, près de 100 nouvelles mesures à l’exportation ont été introduites sur les minerais essentiels à la transition énergétique. Celles-ci comprennent 37 exigences en matière de licences, 31 taxes à l’exportation, 29 interdictions d’exportation et un quota d’exportation. La République démocratique du Congo est le pays ayant introduit le plus grand nombre de mesures, suivie de la Chine et de l’Indonésie.
Ces mesures sont utilisées par les pays riches en minerais essentiels pour renforcer leur position dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Elles peuvent soutenir le traitement national et permettre de capter une plus grande valeur. Mais la politique commerciale peut également renforcer – ou affaiblir – la résilience des chaînes d’approvisionnement mondiales.
De nouveaux cadres internationaux émergent
Les partenariats sur les minerais essentiels se développent rapidement. Le rapport analyse 73 accords de partenariat, dont 58 signés depuis 2022. Ces accords contribuent à remodeler les chaînes d’approvisionnement, souvent en combinant des outils de politique commerciale, industrielle et d’investissement.
De nombreux accords couvrent désormais l’exploration, l’extraction, le traitement, le raffinage, l’utilisation et le recyclage. Mais les activités en amont restent prédominantes. Les accords impliquant des pays en développement ont tendance à se concentrer plus étroitement sur l’extraction, avec moins de dispositions en faveur de la création de valeur.
Le rapport indique que les pays en développement riches en minerais essentiels pourraient rechercher des dispositions renforcées en matière de traitement local, de transfert de technologie et de développement des compétences. Cela permettrait une participation plus diversifiée et durable aux chaînes d’approvisionnement en minerais essentiels.
La coopération déterminera qui en bénéficiera
Le commerce des minerais essentiels est à la croisée des chemins. Il peut soutenir les recettes d’exportation, l’investissement et la transformation structurelle des pays en développement. Ou il peut renforcer les schémas extractifs et fragmenter les marchés en blocs concurrents.
Le message du rapport est clair : une coopération internationale plus forte et une plus grande cohérence des politiques sont essentielles. La politique commerciale doit soutenir à la fois les besoins de développement des pays en développement riches en minerais essentiels et la transition mondiale vers une économie sobre en carbone et numérique.
(Image IA par Dreamstime de minerais essentiels)
