Le Lloyd’s Register Maritime Decarbonisation Hub (The Decarb Hub) a appelé à l’adoption d’une approche normalisée pour la conception et l’évaluation des « refuges de sécurité » à bord des navires fonctionnant à l’ammoniac, soulignant que des interprétations divergentes des nouvelles exigences réglementaires pourraient entraîner des écarts en matière de sécurité au sein de la future flotte fonctionnant à l’ammoniac.
Ces recommandations sont présentées dans un nouveau rapport intitulé « Zones de sécurité pour les navires alimentés à l’ammoniac », qui examine comment le secteur maritime peut tirer parti des leçons tirées des secteurs du pétrole et du gaz en mer, de la transformation chimique et d’autres industries où la sécurité est primordiale, afin de répondre à une nouvelle exigence introduite dans les Lignes directrices provisoires de l’Organisation maritime internationale (OMI) relative à la sécurité des navires utilisant l’ammoniac comme carburant (MSC.1/Circ.1687). Les nouvelles lignes directrices exigent désormais que les navires intègrent des « refuges de sécurité » pour protéger l’équipage en cas de fuite d’ammoniac.
Cependant, le rapport souligne que, comme c’est souvent le cas avec les lignes directrices provisoires axées sur des objectifs pour un nouveau concept de sécurité, ces lignes directrices établissent des exigences de haut niveau qui laissent place à des interprétations divergentes quant à ce qui constitue un « refuge de sécurité » efficace. Il propose un cadre commun pour aider les concepteurs de navires, les exploitants, les sociétés de classification et les administrations du pavillon à appliquer ces exigences de manière uniforme à mesure que les navires alimentés à l’ammoniac entrent en service.
Les recherches menées par le Decarb’s Hub ont révélé que les « refuges de sécurité » ne devraient pas être considérés comme des espaces autonomes conçus uniquement pour prévenir l’exposition à l’ammoniac. Ils devraient plutôt être traités comme des systèmes centrés sur l’humain qui s’inscrivent dans la stratégie globale d’intervention d’urgence d’un navire.
Le rapport identifie trois fonctions essentielles que toute zone de refuge maritime devrait offrir : la protection, le commandement et le contrôle, ainsi que l’accessibilité. Ensemble, ces fonctions visent à garantir que tous les membres d’équipage restent à l’abri de l’ammoniac et d’autres dangers, tout en permettant la mise en œuvre du plan d’intervention d’urgence du navire.
S’inspirant des pratiques établies dans les secteurs qui gèrent couramment les risques liés aux gaz toxiques, le rapport recommande que la performance des refuges de sécurité soit évaluée en fonction de scénarios réalistes représentant le pire des cas. Il souligne également l’importance de calculer la durée d’autonomie des refuges de sécurité, d’évaluer leur accessibilité, de procéder à des essais et à un entretien réguliers, ainsi que de tenir compte des facteurs humains afin de garantir que les systèmes continuent de fonctionner comme prévu tout au long de la durée de vie opérationnelle d’un navire.
Le rapport conclut que l’industrie devrait se concentrer sur l’élaboration de méthodes normalisées pour démontrer la performance des « Safe Havens ». L’établissement d’une base d’évaluation cohérente contribuera à garantir que les « Safe Havens » offrent le niveau de protection prévu pour l’ensemble de la future flotte alimentée à l’ammoniac, tout en favorisant la certitude réglementaire et la confiance opérationnelle à long terme.
Jonathan Bolton, analyste des risques liés à la décarbonisation au Lloyd’s Register Maritime Decarbonisation Hub, a déclaré : « L’ammoniac a le potentiel de jouer un rôle important dans la décarbonisation du transport maritime, mais son adoption doit s’accompagner de solutions de sécurité robustes, pratiques et appliquées de manière uniforme. Les “Safe Havens” constituent une nouvelle exigence pour les navires alimentés à l’ammoniac et, comme pour tout nouveau concept de sécurité, l’industrie a besoin de conseils pratiques afin de parvenir à une compréhension commune de la manière dont les “Safe Havens” devraient être conçus et évalués. »
(Image du rapport fournie par Lloyd’s Register)