Londres – Le Comité de la protection du milieu marin (MEPC) de l’Organisation maritime internationale (OMI) des Nations unies a adopté aujourd’hui la création d’une zone de contrôle des émissions (ECA) dans l’Atlantique Nord-Est. Elle entrera en vigueur en septembre 2027.
L’agence des Nations unies n’avait pas réussi à donner son feu vert à cette avancée historique lors d’une réunion mouvementée de l’OMI en octobre dernier. Mais les États côtiers ont pris des mesures pour réduire drastiquement la pollution atmosphérique causée par les navires dans une vaste zone maritime s’étendant du Portugal au Groenland, en passant par la Grande-Bretagne et l’Irlande.
« Il s’agit en effet d’une victoire majeure pour les communautés côtières et autochtones ainsi que pour l’environnement marin, du Portugal au Groenland, mais aussi d’une occasion de se tourner vers l’avenir et de combler les lacunes », a fait remarquer Carolina Silva, responsable des politiques maritimes chez ZERO, membre de la Clean Arctic Alliance.
« La zone de contrôle des émissions (ECA) de l’Atlantique reliera les ECA existantes de la mer du Nord et de la mer Baltique, ainsi que les eaux de l’Arctique canadien et la zone économique exclusive (ZEE) norvégienne récemment intégrées, à la zone de contrôle des émissions de soufre (SECA) de la Méditerranée au sud. Il est tout à fait clair qu’à l’avenir, les îles portugaises de Madère et des Açores, ainsi que les îles Canaries espagnoles, devront être incluses, à la fois pour garantir des conditions économiques équitables, mais surtout pour protéger les communautés côtières contre les effets néfastes de la pollution atmosphérique causée par les navires. »
Le Dr Sian Prior, conseillère principale de la Clean Arctic Alliance, a déclaré : « L’adoption de cette nouvelle zone de contrôle des émissions dans l’Atlantique Nord-Est constitue une étape importante et bienvenue pour réduire l’impact des émissions d’oxydes de soufre (SOx) et d’oxydes d’azote (NOx) du transport maritime sur l’Arctique. Il est frustrant de constater que, malgré les efforts déployés par un grand nombre d’États membres de l’OMI pour réduire la pollution atmosphérique due au transport maritime, un pays, la Russie, dont les eaux ne sont même pas incluses dans les limites de la ZCE, a indiqué qu’il ne se conformerait pas aux exigences. Il est désormais impératif que cette nouvelle ZCE soit complétée par une réglementation de l’OMI visant à limiter directement les émissions de carbone noir, qui ont un impact disproportionné sur l’Arctique.
« Étant donné que les particules de carbone noir (ou suie) se propagent dans l’atmosphère, il est nécessaire de mettre en place une réglementation sur les carburants dans les régions polaires qui s’applique à l’ensemble de l’Arctique au sens large, et pas seulement aux zones où l’on peut s’attendre à trouver de la glace de mer ou des glaciers. »
En limitant l’utilisation des carburants maritimes les plus polluants, la zone de contrôle des émissions de l’Atlantique du Nord-Est permettra de réduire les émissions de SOx jusqu’à 82 % et les particules fines de 64 %, ce qui évitera des milliers de décès prématurés d’ici 2050, tout en ayant pour effet secondaire de réduire les émissions de carbone noir qui ont un impact néfaste sur la neige et la glace de l’Arctique.
(Image de l’OMI représentant une zone de contrôle des émissions)
