Le niveau global de bonheur des marins a chuté à 6,87 sur 10 au deuxième trimestre de 2026, contre 7,18 au premier trimestre, selon le dernier Indice de bonheur des marins (SHI) publié aujourd’hui par The Mission to Seafarers.
Cette baisse confirme que la reprise espérée après un début d’année difficile ne s’est pas concrétisée, marquant ce que le rapport qualifie de transition « d’un choc aigu à une tension chronique ».
Alors que le premier trimestre de 2026 a été marqué par le choc soudain du conflit dans le golfe Persique, le deuxième trimestre montre que ces pressions s’inscrivent désormais dans le quotidien de la vie en mer. Ce sont les réalités quotidiennes – c’est-à-dire les permissions à terre limitées, les charges de travail excessives et le pouvoir d’achat des salaires réels qui stagne – qui érodent progressivement le moral des équipages.
Malheureusement, la note relative aux permissions à terre a chuté à 5,72, de loin la plus basse, le temps passé à terre étant de plus en plus sacrifié au profit d’horaires intenses, de courtes escales et de restrictions d’accès aux ports et aux terminaux. La gestion de la charge de travail a obtenu une note de 6,20, dans un cycle implacable de quarts de six heures suivies de six heures de repos, de rotations rapides, de lourdes formalités administratives et d’inspections; le plus alarmant étant que les heures de repos ne sont enregistrées « que pour les autorités et la paperasserie ».
Néanmoins, le rapport rejette fermement une vision purement négative. Les catégories les mieux notées sont les interactions au sein de l’équipage (7,49) et la connectivité (7,46), ce qui montre que les marins continuent de puiser leur force dans les relations avec leurs collègues et dans le fait de rester en contact avec leur famille. Lorsque les entreprises font les choses correctement, les meilleurs exploitants respectent les dates de fin de service, assurent des relevages en temps opportun, offrent des promotions fondées sur le mérite et maintiennent une flotte moderne. Comme l’a fait remarquer un marin : « On m’écoute, mon entreprise prend soin de l’équipage. »
Le rapport met également en lumière un défi croissant en matière de recrutement et de rétention, les salaires étant de plus en plus comparés à l’ensemble des avantages sociaux offerts à terre plutôt qu’aux salaires maritimes historiques. Un répondant a averti que les jeunes membres d’équipage ne voyaient « plus aucun avantage par rapport à un emploi à terre ».
Les données démographiques montrent où la pression est la plus forte. La note moyenne des répondantes était de 6,06, contre 7,13 pour les hommes; par région et par type de navire, le Moyen-Orient (4,94) et les porte-conteneurs (5,85) se situaient bien en dessous de la moyenne; enfin, les professionnels en milieu de carrière, âgée de 35 à 55 ans, ont fait état du moral le plus bas de tous les groupes d’âge.
(Photo d’un marin par Dreamstime)
