Anchorage, Alaska — Un nouveau rapport publié aujourd’hui explique pourquoi l’Organisation maritime internationale (OMI) devrait agir immédiatement pour réduire la pollution par le carbone noir, un super-polluant climatique. Intitulé « On Thin Ice: Why Black Carbon Demands Urgent Action » (sur la glace fine : pourquoi le carbone noir exige une action urgente), ce rapport rédigé par Pacific Environment examine comment l’expansion du transport maritime dans l’Arctique entraîne une augmentation des émissions de carbone noir dans l’atmosphère, qui se dépose ensuite sur la neige et la glace, accélérant ainsi la fonte dangereuse.
« Malgré plus d’une décennie et demie de débats, l’OMI, l’organisme des Nations unies chargé du transport maritime, continue d’ignorer la solution simple : exiger des navires qu’ils passent immédiatement à des carburants plus propres lorsqu’ils opèrent dans l’Arctique », a déclaré Kay Brown, directrice des politiques arctiques chez Pacific Environment.
« Malgré les évaluations techniques et les appels à des mesures volontaires lancés par l’OMI, les émissions de carbone noir provenant du transport maritime dans l’Arctique continuent d’augmenter sans contrôle. En l’absence d’exigences obligatoires, les marchés ne disposent pas de la certitude nécessaire pour orienter les opérations des flottes vers des options à plus faible émission de carbone noir. Nous appelons l’OMI à réagir à cette crise dans l’Arctique et à s’attaquer de toute urgence aux effets croissants du carbone noir sur la santé et les populations.»
Les émissions incontrôlées de carbone noir provenant du transport maritime dans l’Arctique représentent un danger clair et présent pour l’intégrité de la cryosphère arctique, la stabilité du climat mondial, ainsi que la santé et le bien-être des communautés autochtones et côtières de l’Arctique.
En imposant une transition rapide vers les carburants polaires (carburants existants à faibles émissions de carbone noir adaptés à une utilisation dans l’Arctique), l’OMI peut mettre en œuvre une politique à fort impact qui apporte des avantages immédiats. Les mesures prises avant le PPR 13, la réunion technique de l’OMI sur la prévention et la lutte contre la pollution, qui se tiendra début 2026, permettront aux États membres de s’accorder sur des actions qui contribueront à ralentir le réchauffement de l’Arctique et à respecter le mandat de l’OMI visant à protéger l’environnement marin et les communautés adjacentes.
Le trafic maritime dans l’Arctique augmente de 108 %
Selon le rapport sur l’état du trafic maritime dans l’Arctique publié par l’Organisation pour la protection de l’environnement marin de l’Arctique (PAME), le nombre de navires entrant dans l’Arctique est passé de 1 298 en 2013 à 1 781 en 2024, soit une augmentation de 37 %, tandis que la distance cumulée parcourue dans ces eaux polaires a augmenté de 108 %, passant de 6,51 millions à 12,7 millions de milles marins. Les navires de pêche commerciale ont représenté la plus grande part du kilométrage parcouru, avec 34 %. Les vraquiers, les brise-glaces et les navires de recherche ont également représenté une part importante.
De plus, le recul de la banquise arctique ouvre de nouvelles voies maritimes et prolonge la période pendant laquelle la navigation est possible. L’augmentation du trafic maritime entraîne une hausse des émissions provenant des navires qui brûlent des combustibles résiduels, les combustibles les plus couramment utilisés dans le transport maritime. Lors de leur combustion, les combustibles résiduels, y compris les mélanges de combustibles résiduels, produisent des concentrations élevées de carbone noir et d’autres polluants dangereux, contribuant ainsi à l’intensification du réchauffement régional dans l’Arctique, avec des répercussions sur le climat mondial, selon le Conseil de l’Arctique. En cas de déversement, le pétrole hautement visqueux peut persister pendant des semaines dans les eaux froides ou rester piégé dans et sous la glace de mer, ce qui représente une menace à long terme pour les écosystèmes marins et les côtes, tout en compliquant les efforts de nettoyage.
(Photo de carbone noir sur la glace provenant de Clean Arctic Alliance)
