Vancouver – L’effectif des ports de la côte ouest du Canada a augmenté de plus de 70 % entre 2009 et 2025, avec l’arrivée d’environ 3 600 nouveaux débardeurs et contremaîtres. Au cours de la même période, les volumes de marchandises transitant par les ports de la côte ouest du Canada ont également augmenté de plus de 70 %, selon un nouveau rapport publié aujourd’hui par l’Association des employeurs maritimes de la Colombie-Britannique (BCMEA).
Le rapport, intitulé Technologie, formation et croissance de l’emploi dans les ports de la côte ouest du Canada, de 2009 à 2025, préparé par KPMG LLP pour le compte de la BCMEA, examine l’impact de la modernisation technologique sur la main-d’œuvre portuaire de la Colombie-Britannique. Il révèle que l’introduction de la technologie – notamment des équipements télécommandés, semi-automatisés et automatisés – a permis d’accroître la capacité ferroviaire, et que les systèmes de planification modernes se sont accompagnés d’une croissance du fret, de l’emploi, des heures de travail et des revenus, plutôt que des pertes d’emplois que l’on suppose souvent découler d’une telle modernisation technologique.
Les heures de travail rémunérées ont augmenté de 83 % au cours de la même période et les salaires dans le secteur portuaire ont atteint des niveaux records en 2025. La croissance du nombre d’heures illustre qu’il y a globalement plus de travail effectué et une augmentation des emplois bien rémunérés dans le secteur portuaire.
Ces conclusions interviennent alors que le Canada s’efforce de protéger les emplois et l’économie canadienne en doublant les exportations vers les marchés non américains d’ici 2035 – un engagement qui dépend de l’augmentation de la capacité et de la fiabilité des points d’accès de la côte Ouest. Les ports de la côte ouest du Canada acheminent quotidiennement des marchandises d’une valeur de 1,1 milliard de dollars, traitant près de la moitié des échanges commerciaux du pays avec les marchés hors de l’Amérique du Nord. La conclusion principale du rapport est claire : la modernisation mise en œuvre jusqu’à présent a contribué à la croissance tant des volumes de marchandises que de la main-d’œuvre portuaire de la Colombie-Britannique. Des investissements supplémentaires seront essentiels pour tirer parti de ces résultats records, accroître la capacité, soutenir davantage d’emplois dans le secteur portuaire et aider les exportateurs canadiens à conquérir de nouveaux marchés.
Le rapport souligne également les caractéristiques uniques du secteur portuaire de la Colombie-Britannique, qui expliquent pourquoi la modernisation a transformé la nature du travail plutôt que de le faire disparaître.
Les travailleurs du secteur portuaire ne sont pas liés à un seul employeur ou à un seul emploi. Ils choisissent quand ils travaillent et acceptent des affectations auprès de divers terminaux en fonction des besoins opérationnels, de leurs qualifications et de leur disponibilité. Comme le bassin de main-d’œuvre est partagé entre les employeurs, le travail qui change dans un secteur se poursuit souvent ailleurs. Cela permet à la modernisation de modifier la nature du travail sans éliminer l’accès aux possibilités d’emploi.
Cette souplesse est renforcée par ce que les parties ont négocié au cours des soixante dernières années. Les changements technologiques ont été gérés au moyen d’un cadre négocié dans les conventions collectives conclues entre la BCMEA, ses employeurs membres, le Syndicat international des manutentionnaires et des entrepositaires du Canada (ILWU Canada) et ses sections locales (Longshore), ainsi qu’avec la section locale 514 de l’ILWU en vertu d’une convention collective distincte pour les contremaîtres (Forepersons). Ces ententes prévoient le versement d’une allocation forfaitaire s’ajoutant aux prestations de retraite pour les travailleurs qui prennent leur retraite, des dispositions de recyclage professionnel pour les travailleurs touchés, ainsi qu’un comité sur les nouvelles technologies composé d’employeurs et de représentants syndicaux qui examinent les propositions de modernisation importantes avant leur mise en œuvre.
Ces engagements s’appuient sur un investissement continu dans la formation et le perfectionnement de la main-d’œuvre. Depuis 2010, les employeurs du secteur portuaire ont investi plus de 377 millions de dollars dans la formation et le perfectionnement, dont plus de 45 millions de dollars dans le Centre de formation portuaire de la BCMEA. La BCMEA offre près de 200 programmes de formation qui permettent aux travailleurs d’acquérir de nouvelles qualifications et de s’adapter à l’évolution de l’équipement et des processus.
La modernisation a également transformé la manière dont le travail est effectué et les lieux où il est réalisé, contribuant ainsi à l’amélioration des résultats en matière de sécurité et de santé. Les opérations à distance permettent de contrôler l’équipement depuis des environnements spacieux et climatisés; les camions à plate-forme éliminent la nécessité de monter sur les wagons; et les systèmes de sécurité automatisés arrêtent l’équipement lorsque les travailleurs se trouvent dans des zones dangereuses. Le rapport conclut que cela se traduit par une exposition moindre à l’équipement en mouvement et aux risques de chute, ainsi que par un travail moins exigeant sur le plan physique, ce qui permet d’exercer des postes sur des carrières plus longues.
Le rapport examine trois projets de modernisation dans les terminaux de la Colombie-Britannique, notamment le projet d’agrandissement Centerm de DP World, le projet de modernisation ferroviaire Deltaport de GCT et le projet Allison de Neptune Bulk Terminals, et décrit comment la technologie a permis d’accroître la capacité, de créer des possibilités d’emploi et de faire évoluer les exigences en matière de compétences.
« Au cours des seize dernières années, les ports de la côte ouest du Canada ont vu leurs volumes de marchandises et leur effectif augmenter de plus de 70 %. C’est une histoire de croissance remarquable », a déclaré Mike Leonard, président et chef de la direction de la BC Maritime Employers Association. « La modernisation du secteur portuaire de la Colombie-Britannique nous permet d’acheminer davantage de marchandises canadiennes, d’investir dans les personnes qui les transportent et de maintenir la compétitivité de la plus grande porte d’entrée commerciale du Canada. Lorsqu’elles sont menées en collaboration avec la main-d’œuvre, les initiatives de modernisation axées sur la capacité peuvent améliorer la sécurité et la fiabilité tout en favorisant une croissance soutenue de la main-d’œuvre et le perfectionnement des compétences. »
CONTEXTE
Parmi les principales conclusions du rapport, on note une croissance dans les domaines suivants :
- Main-d’œuvre : La main-d’œuvre active dans les zones portuaires, composée de manutentionnaires et de chefs d’équipe, est passée d’environ 5 100 personnes en 2009 à environ 8 700 en 2025, soit environ 3 600 nouveaux travailleurs.
- Compétences : Le nombre de chefs d’équipe a augmenté de 95 % à l’échelle de la province au cours de la même période, ce qui reflète la croissance des postes de supervision, de coordination et des fonctions techniques.
- Heures : Le nombre total d’heures rémunérées a augmenté de 83 %, passant d’environ 4,9 millions en 2009 à environ 9 millions en 2025.
- Fret : Entre 2009 et 2025, les volumes de fret dans les ports de la côte ouest du Canada ont augmenté de 70 %
- Salaires : Entre 2015 et 2025, le salaire médian des manutentionnaires a augmenté de 46,5 %. En 2025, le salaire médian des manutentionnaires syndiqués s’élevait à 162 521 $ et à 273 936 $ pour les contremaîtres.
- Formation : Depuis 2010, les employeurs du secteur portuaire ont investi 377 millions de dollars dans la formation et le perfectionnement professionnels, ce qui comprend les salaires, les dépenses en immobilisations et la mise en œuvre de programmes, dont plus de 45 millions de dollars dans le Centre de formation du secteur portuaire. Environ 150 programmes liés à la formation sur les machines, les nouvelles technologies et les nouveaux procédés sont prévus pour 2026.
- Études de cas : Le rapport examine trois projets de modernisation de terminaux : le DP World Centre, le projet Allison de Neptune Bulk Terminals et la modernisation ferroviaire de GCT Deltaport.
(Image fournie par la BCMEA)
