L’Organisation maritime internationale (OMI) a lancé une initiative mondiale de deux ans visant à promouvoir le thème de la Journée mondiale de la mer pour 2026-2027: « De la politique à la pratique : propulser l’excellence maritime ».
Dans un message vidéo marquant le lancement, le secrétaire général de l’OMI, Arsenio Dominguez, a souligné que le cadre réglementaire mondial élaboré par l’OMI ne doit pas simplement être adopté en principe, mais se traduire par des actions concrètes et des résultats dans le monde réel qui apportent des avantages tangibles à tous.
Lorsque nous parlons de « pratique », nous parlons de personnes. Les gens de mer sur le navire ; les gens dans le port ; ceux qui gèrent les opérations des navires, les travailleurs du recyclage des navires, les agents de contrôle de l’État du port et les administrateurs de l’État du pavillon », a déclaré le secrétaire général Dominguez.
« Pour que l’industrie maritime soit véritablement durable, nous devons veiller à ce que ces normes élevées soient respectées dans chaque port et sur chaque pont, non pas de manière sélective et inégale, mais à l’échelle mondiale. L’OMI s’est engagée à favoriser cette transition par le biais de la coopération technique et d’un soutien direct », a-t-il ajouté.
Combler les lacunes en matière d’application de la législation
Le cadre mondial de conventions, de codes et de lignes directrices maritimes de l’OMI contribue à garantir que les navires opèrent et commercent de manière sûre, efficace et harmonieuse, tout en protégeant l’environnement marin. Ce cadre est d’autant plus efficace que les États membres adoptent et mettent en œuvre les règles de l’OMI de manière large et cohérente.
Toutefois, les audits réalisés dans le cadre du système d’audit des États membres de l’OMI(IMSAS) ont révélé des lacunes dans les lois nationales et leur application dans certains pays. Ces lacunes affaiblissent les réglementations et augmentent le risque de non-conformité et de navigation dangereuse.
Pour relever ce défi, la campagne vise à aider les États membres à mieux comprendre les conventions de l’OMI et à renforcer leur capacité à les adopter et à les faire appliquer chez eux. Elle s’articulera autour de neuf piliers :
- Développement des capacités et coopération technique : renforcer la capacité des pays à appliquer les règles de l’OMI, par le biais d’un soutien législatif, de cadres d’application et de formations.
- Priorité aux petits États insulaires en développement (PEID) et aux pays les moins avancés (PMA) : assistance juridique et soutien technique adaptés aux petits États insulaires en développement (PEID) et aux pays les moins avancés (PMA), en reconnaissant les défis uniques auxquels ils sont confrontés, tout en mettant en évidence les réalisations.
- La sécurité d’abord grâce à l’innovation : traduire les nouvelles normes de sécurité relatives aux carburants, à l’automatisation et à la numérisation dans la pratique opérationnelle grâce à une formation actualisée, à la surveillance et à la gestion des risques.
- Préparation réglementaire à la décarbonisation : donner aux États les moyens de mettre en œuvre la stratégie de l’OMI pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre de manière sûre, cohérente et conforme aux réalités opérationnelles.
- Lutte contre l’immatriculation frauduleuse des navires et la fraude maritime : élaborer des orientations pratiques et renforcer la diligence raisonnable, la transparence et le partage des données afin de prévenir les pratiques illicites et l’utilisation abusive des pavillons nationaux.
- Amélioration fondée sur l’audit : utiliser les conclusions des audits IMSAS comme base pour combler les lacunes en matière de législation et de mise en œuvre, établir des priorités en matière de réformes et renforcer la supervision et le contrôle continu.
- Facilitation, numérisation et résilience : intégrer les systèmes numériques, notamment les guichets uniques maritimes, dans les opérations portuaires quotidiennes afin de renforcer l’efficacité et la résilience.
- Cybersécurité et sûreté maritime : Intégrer la gestion des cyberrisques dans les systèmes de gestion de la sécurité, la formation et les opérations portuaires pour protéger les réseaux mondiaux de transport maritime.
- Protection des océans : mettre en œuvre les instruments environnementaux de l’OMI (au-delà de ceux relatifs aux émissions de GES), notamment en ce qui concerne les plastiques, le bruit sous-marin, les espèces envahissantes et le recyclage des navires, par le biais des législations nationales et des opérations maritimes quotidiennes.
Dans le cadre de la campagne, les États membres de l’OMI et les organisations ayant le statut d’observateur sont encouragés à organiser des événements et des activités tout au long de la période 2026-2027 et à informer le Secrétariat de leurs activités prévues. Le partage des résultats et des discussions sur les médias sociaux est encouragé, en utilisant les hashtags #WorldMaritimeDay et #MaritimePolicytoPractice.
(Image de l’OMI)
