Le Bureau maritime international (IMB) de la Chambre de commerce international (CCI) a signalé, au cours des neuf premiers mois de 2026, le plus faible nombre (51) d’incidents de piraterie et de vols à main armée depuis 1992. Toutefois, une récente recrudescence des incidents de piraterie en Somalie met en évidence les risques persistants auxquels sont confrontés les marins; l’IMB appelle donc à la vigilance, à la déclaration rapide des incidents et au respect strict des meilleures pratiques de gestion (BMP).
Le Centre de signalement des actes de piraterie (PRC) de l’IMB a recensé 51 incidents pour la période de janvier à septembre 2026, soit une baisse par rapport aux 116 incidents enregistrés au cours de la même période l’année dernière; il s’agit du plus faible nombre d’incidents signalés sur une période de neuf mois depuis 1992.
Le rapport révèle que 36 navires ont été abordés, huit ont été détournés, quatre ont fait l’objet de tirs et trois ont subi des tentatives d’abordage. Dans 86 % des incidents, les auteurs ont réussi à accéder au navire alors que celui-ci était à l’ancre ou en navigation, la plupart des abordages ayant eu lieu de nuit.
La menace de violence à l’encontre des équipages demeure préoccupante, 105 membres d’équipage ayant été directement touchés, comparativement à 72 au cours de la même période en 2025. Des armes ont été identifiées dans 53 % des incidents signalés au cours des neuf premiers mois de 2026.
Michael Howlett, directeur de l’IMB, a déclaré : « Bien que le nombre d’incidents soit à son plus bas niveau depuis plus de trois décennies, la récente recrudescence des activités de piraterie somalienne nous rappelle que la menace persiste. Les incidents survenus cette année ont également montré que le respect strict des recommandations des meilleures pratiques opérationnelles (BMP) demeure l’un des moyens les plus efficaces pour dissuader les tentatives de détournement et protéger les équipages. Une vigilance constante est essentielle pour assurer la sécurité des marins et préserver les routes commerciales vitales dont dépend l’économie mondiale. »
Les risques liés à la piraterie somalienne s’intensifient
Alors que le nombre global d’incidents de piraterie reste à des niveaux historiquement bas, l’IMB a enregistré une hausse de l’activité de piraterie somalienne de janvier à septembre 2026, les pirates somaliens étant responsables de huit détournements de navires et de 94 % de l’ensemble des membres d’équipage pris en otage à l’échelle mondiale. La plupart des navires détournés ont été libérés et l’équipage a été déclaré sain et sauf.
L’IMB note que les navires mettant en œuvre les meilleures pratiques de sécurité (BMP) les plus récentes ont continué à dissuader avec succès les tentatives de détournement, même dans les cas où les pirates ont réussi à monter à bord d’un navire.
Cependant, les autorités du Puntland ont signalé à la fin de septembre que cinq membres d’équipage avaient été tués et cinq autres blessés avant la libération du pétrolier Honour 25, battant pavillon des Palaos, détourné le 21 avril 2026.
Bien que ces incidents soulignent la capacité persistante des pirates somaliens à cibler des navires dans la région, ils ne sont pas comparables, en termes d’ampleur ou de portée, aux opérations de piraterie en haute mer qui ont caractérisé l’ère de la piraterie somalienne de 2008 à 2013.
Deux incidents ont été signalés de janvier à septembre 2026 dans les eaux du golfe de Guinée, et aucun au cours du dernier trimestre. L’IMB félicite les États riverains du golfe de Guinée pour leurs efforts soutenus visant à maintenir les incidents de piraterie et de vol à main armée à ces faibles niveaux.
De même, on constate une réduction bienvenue du nombre d’incidents signalés dans le détroit de Singapour, avec 13 incidents au cours des neuf premiers mois de 2026, comparativement à 73 au cours de la même période en 2025.
Deux membres d’équipage ont été pris en otage, deux autres ont été menacés et un a été blessé en 2026 dans le détroit de Singapour. Dans plus de 69 % des incidents, les auteurs étaient armés d’armes à feu ou de couteaux et ont réussi à monter à bord de tous les navires visés, ce qui témoigne du risque persistant pour la navigation dans ces eaux.
La baisse du nombre d’incidents signalés dans l’archipel indonésien se poursuit. Six incidents ont été signalés au cours des neuf premiers mois de 2026, contre neuf au cours de la même période en 2025. Des armes ont été signalées lors d’un incident au cours duquel un membre d’équipage a également été pris en otage.
Neuf navires à l’ancrage ont été abordés aux Philippines, dont six incidents signalés à Manille et trois à Batangas, alors qu’aucun incident n’avait été signalé en 2025. Deux membres d’équipage ont été pris en otage au cours de ces incidents, tandis que des armes ont été signalées dans cinq cas.
(Photo de l’Eunavfor illustrant un incident survenu dans le golfe de Guinée)
