Jason Card, directeur principal des communications de la Chambre de commerce maritime, a publié une déclaration exhortant le gouvernement fédéral à inclure le transport maritime dans son projet de subvention qui, à l’heure actuelle, ne concerne que le transport ferroviaire afin de soutenir les industries canadiennes de l’acier et du bois d’œuvre touchées par les lourds droits de douane imposés par l’administration Trump.
Dans le cadre d’une série de mesures prises en novembre dernier, le gouvernement fédéral a indiqué qu’il accorderait un financement aux chemins de fer Canadian National et Canadian Pacific Kansas City afin de permettre une réduction de 50 % des tarifs de fret pour les expéditions interprovinciales d’acier et de bois d’œuvre canadiens, à compter du printemps 2026.
« Pour être clair, la Chambre de commerce maritime (CCM) soutient pleinement les initiatives visant à aider l’industrie sidérurgique en cette période difficile, car les producteurs d’acier font partie des entreprises qui composent notre membership », a déclaré M. Card.
« Cela dit, le transport maritime n’était pas inclus dans cette subvention proposée, et les commentaires des membres du CMC ont indiqué que cette omission a déjà causé un dangereux déséquilibre concurrentiel pour notre industrie. »
À titre d’exemple, M. Card a mentionné « les centaines de milliers de tonnes d’acier fini transportées chaque année de Sault Ste Marie à Valleyfield, au Québec, par voie maritime à bord de navires spécialisés.
Les commentaires des membres nous indiquent que la subvention proposée favorise suffisamment le transport ferroviaire, ce qui met en péril :
- des dizaines de millions de dollars en coûts de navires engagés par McKeil Marine pour fournir des navires sur mesure pour ce service, et
- des milliers d’heures de travail cumulées grâce à l’emploi direct et indirect de personnel au port de Valleyfield. »
Card a souligné que l’article 5 de la Loi sur les transports au Canada stipule que le système de transport canadien doit utiliser au mieux tous les modes de transport au coût total le plus bas possible, et que l’intervention publique ne doit pas favoriser indûment un mode de transport au détriment d’un autre ni diminuer les avantages inhérents à un autre mode.
« Il est clair que cette politique n’est pas respectée », a affirmé M. Card.
Et en conclusion, il a déclaré : « Les démarches auprès du gouvernement fédéral n’ont jusqu’à présent pas permis de clarifier le calendrier ou les détails de la mise en œuvre de cette initiative. Nous savons seulement que la mise en œuvre aura lieu au printemps, c’est-à-dire dans quelques semaines seulement. Nous demandons que cette proposition de subvention soit corrigée afin qu’une mesure qui visait à faire le bien ne cause pas involontairement du tort. Pour ce faire, il faut inclure le transport maritime. Étant donné que le gouvernement fédéral souhaite encourager le commerce intérieur entre les provinces, il est tout à fait logique d’inclure le transport maritime, et nos membres sont prêts à contribuer à cet effort. »
Question soulevée au Parlement
Par ailleurs, vendredi dernier, lors de la période de questions à la Chambre des communes, le député bloquiste de Salaberry, Soulanges et Huntingdon, Claude DeBellefeuille, a dénoncé la perspective d’une « concurrence déloyale entre le rail et le transport maritime » et a demandé à Ottawa d’ajouter une dimension maritime au programme.
En réponse, Mélanie Joly, ministre de l’Industrie, a indiqué qu’elle examinerait la question avec le ministre des Transports « afin de trouver une solution ».
(Photo de Jason Card)
