À la suite des récents investissements massifs dans la construction navale au Québec, les comités sectoriels de main-d’œuvre (CSMO) de la fabrication métallique industrielle (PERFORM) et de l’industrie maritime (CSMOIM) annoncent le lancement conjoint d’un appel d’offres pour la réalisation d’une étude approfondie sur la main-d’œuvre dans le secteur de la construction, de l’entretien et de la réparation navale.
L’initiative, menée en collaboration avec plusieurs partenaires ayant des intérêts envers la construction navale et ses opportunités, aspire à identifier les tendances du marché de l’emploi, les besoins en recrutement, les compétences requises et les défis à surmonter à court, moyen et long terme. Les résultats permettront d’ajuster les stratégies de formation, de recrutement et de développement des compétences, et de définir des actions concrètes visant à garantir une main-d’œuvre qualifiée et disponible prête à soutenir la croissance du secteur. La réalisation de ce projet est rendue possible grâce à un financement du gouvernement du Québec attribué dans le cadre du programme Intervention-Compétence, ainsi qu’aux contributions financières d’autres partenaires de l’étude.
Face à une croissance annoncée, un état des lieux de la main-d’œuvre s’impose
Au fil des dernières décennies, la fermeture de plusieurs chantiers navals au Québec a entraîné des pertes d’emploi et fragilisé la chaîne d’approvisionnement. Néanmoins, en 2023, le chantier Davie a été intégré en tant que troisième acteur participant à la Stratégie nationale de construction navale, conçue afin de moderniser et de renforcer le secteur grâce à des investissements majeurs destinés à stimuler l’innovation et à assurer une autonomie stratégique en matière de construction de navires au Canada.
Ainsi, avec l’annonce du financement de 3,25 milliards de dollars alloué à Davie , le plus important constructeur de navires au Canada, pour la construction d’un brise-glace polaire, un projet qui génèrera ~2 000 emplois, dont 1 000 directement sur le chantier et 1 000 supplémentaires chez les fournisseurs québécois, la dynamique du secteur de la construction navale tend vers une croissance prometteuse. L’expertise d’autres chantiers tels que Chantier naval Forillon et Groupe Océan, qui ont déjà des contrats dans la Stratégie nationale, contribuera également à cet essor et à la dynamisation du secteur.
De plus, des investissements prochains tels que le partenariat stratégique ICE PACT, une entente entre les États-Unis, la Finlande et le Canada impliquant la production de nouveaux équipements dont des navires polaires, ouvrent également la voie à des perspectives d’expansion inédite. Les incertitudes géopolitiques qu’engendrent la guerre commerciale avec les États-Unis pourraient également bénéficier à la construction navale au Canada et au Québec, en renforçant la volonté du pays d’investir dans la défense en ayant recours aux entreprises et aux savoir-faire locaux.
Cependant, le contexte de la main-d’œuvre actuel demeure un enjeu majeur. Par conséquent, il est crucial de disposer d’un portrait précis de l’état actuel et futur de la main-d’œuvre afin que le secteur puisse pleinement tirer parti des opportunités de croissance. De ce fait, la construction navale étant définie comme un secteur touchant à la fois la fabrication métallique industrielle (FMI) et l’industrie maritime, ce sont deux CSMO – PERFORM et CSMOIM – qui co-piloteront l’étude.
Le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MESS), et plusieurs acteurs clés de l’industrie maritime et du développement économique, prendront également part à ce projet. Parmi eux, on compte le chantier Davie, Chantier naval Forillon, Groupe Océan, Investissement Québec, Naval Québec, Québec International et la Ville de Lévis. En outre, des partenaires issus de la sphère de l’enseignement supérieur et de l’éducation apporteront leur expertise au volet formation de l’étude, notamment le Cégep de Lévis, l’Institut maritime du Québec et son Centre de formation aux mesures d’urgence (CFMU) de Lévis, tous deux affiliés au Cégep de Rimouski, le Centre de services scolaire des Navigateurs et l’Université du Québec à Rimouski (UQAR).
Les métiers spécialisés de la FMI et de l’industrie maritime au cœur d’une analyse régionale
L’étude se focalisera d’abord sur les métiers directs et indirects spécialisés des secteurs de la FMI – soudeurs, machinistes, peintres industriels, mécaniciens, tuyauteurs, etc. – et de l’industrie maritime – capitaines et officiers de pont, électrotechniciens/électriciens de navire, chefs et officiers mécaniciens de marine, technologues en architecture navale, etc. – puis, dans un second temps, sur ceux sur lesquels la croissance des activités de construction navale aura une incidence.
L’étude portera principalement sur le territoire du Québec, avec une attention particulière aux régions et aux municipalités riveraines du corridor fluvial du Saint-Laurent – Gaspésie, Saguenay, Chaudière-Appalaches, Capitale-Nationale, Mauricie, Montréal, Sorel-Tracy. En ce qui a trait aux recherches documentaires et à la cartographie des pratiques en construction navale, l’étude s’étendra au-delà du Québec afin d’inclure des comparatifs pertinents.
Modalités de dépôt de la proposition
La date limite de dépôt des propositions est fixée au 13 juin 2025. Le document d’appel d’offres complet est disponible en cliquant ici.
Déclaration de…
- Carl Boily, directeur gĂ©nĂ©ral, PERFORM: « Le partenariat et la concertation formant le cĹ“ur de son ADN, PERFORM est ravi de copiloter cette Ă©tude. Celle-ci Ă©tayera les besoins de main-d’œuvre, les exigences en matière de formation et les stratĂ©gies Ă mettre en place pour matĂ©rialiser ces opportunitĂ©s d’affaires au QuĂ©bec. Cette enquĂŞte se place dans un contexte de raretĂ© de main-d’Ĺ“uvre qui touche plusieurs mĂ©tiers spĂ©cialisĂ©s de l’industrie de la fabrication mĂ©tallique. Ces derniers sont essentiels Ă l’essor de la construction navale autant qu’à la rĂ©paration et l’entretien de navires. Parce que cet essor repose sur la mobilisation de tout un Ă©cosystème, il devient impĂ©ratif de dĂ©finir une vision sectorielle qui misera sur la complĂ©mentaritĂ© des joueurs. »
- Manou Bernard, directrice gĂ©nĂ©rale, CSMOIM: « Les rĂ©centes annonces d’investissements dans la construction navale et dans les services d’entretien et de rĂ©paration, qui sont tout aussi essentiels pour soutenir la chaĂ®ne d’approvisionnement, offrent une occasion exceptionnelle de revitaliser l’industrie maritime. En lançant cette Ă©tude approfondie sur la main-d’œuvre, nous cherchons Ă cerner les besoins et les compĂ©tences nĂ©cessaires pour soutenir cette croissance dynamique. Notre ambition est d’appuyer les secteurs et soutenir les travaux menant Ă garantir une main-d’œuvre qualifiĂ©e, prĂŞte Ă relever les dĂ©fis futurs. »
- Davie, Chantier naval Forillon, Groupe Océan, Investissement Québec, Naval Québec, Québec International et la Ville de Lévis: « Nous sommes ravis de pouvoir contribuer à cette étude et d’assister ses porteurs en tant que membres de son comité aviseur. En mettant l’accent sur la complémentarité plutôt que sur la compétitivité, nous appuyons l’idée qu’une vision globale pour l’industrie de la construction, de l’entretien et de la réparation navale au Québec et une approche coordonnée des formations seront bénéfiques pour tous et pour le développement économique du Québec. »
Ă€ propos des CSMO
Les comités sectoriels de main-d’œuvre (CSMO) sont des organismes autonomes reconnus en tant que partenaires de la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT). Ils regroupent principalement des représentants des employeurs et de la main-d’œuvre de leur secteur d’activité. L’économie de la province a été stratégiquement divisée en 29 secteurs d’activité distincts que représente chacun des CSMO, une approche ciblée et spécialisée qui permet de répondre aux besoins spécifiques de chaque secteur économique.
La mission principale des CSMO est de soutenir les entreprises et la main-d’œuvre de leur secteur en matière de formation, de développement et de reconnaissance des compétences. Leurs principaux mandats incluent la concertation des partenaires sectoriels, la réalisation de recherches sur le marché du travail, l’identification des enjeux de main-d’œuvre, l’élaboration d’actions visant à y répondre, le développement des compétences et le déploiement de normes professionnelles.
Ă€ propos de PERFORM
PERFORM, le Comité sectoriel de main-d’œuvre dans la fabrication métallique industrielle (FMI), est un organisme à but non lucratif fondé en 1993 dont la mission consiste à promouvoir et renforcer la collaboration entre divers acteurs en vue de former et développer les compétences de sa main-d’œuvre. L’influence de PERFORM s’étend aux secteurs de la seconde et de la troisième transformation des métaux, englobant les secteurs liés à la fabrication de produits métalliques, de machines et de matériel de transport, excluant ceux liés à l’aéronautique. https://www.comiteperform.ca/fr/
Ă€ propos du CSMOIM
Le CSMOIM a été fondé en 2001. Sa mission consiste à déployer des stratégies innovantes répondant aux besoins de l’industrie maritime, en participant activement au développement des compétences de la main-d’œuvre via la mobilisation et la concertation des employeurs et des travailleurs du secteur. Reconnu grâce à son expertise ainsi qu’à ses initiatives concertées, le CSMOIM œuvre également à la promotion des carrières maritimes. https://www.csmoim.qc.ca/
Illustration PERFORM-CSMOIM
