Le Syndicat des débardeurs de Montréal annonce une nouvelle grève à partir de lundi

photo CUPE 375

 

Par Leo Ryan, rédacteur en chef

Dans une nouvelle escalade d’un conflit de travail prolongé et amer sur les quais au port de Montréal qui préoccupe de plus en plus les entreprises et les expéditeurs canadiens, le syndicat représentant plus de 1100 débardeurs a annoncé aujourd’hui une grève de quatre jours commençant lundi sur les deux terminaux à conteneurs exploités par Termont, qui dessert notamment la Mediterranean Shipping Company (MSC). Plus tôt ce mois-ci, une action de grève similaire a visé les installations de conteneurs de Montreal Gateway Terminals Partnership.

L’annonce est venue dans un message envoyé ce matin par Martin Lapierre, chef du SCFP 375, à l’Association des employeurs maritimes (AEM). L’arrêt de travail se déroulera du lundi 3 août à 7 h au vendredi 7 août à 6 h 59. Les débardeurs, contremaîtres et ouvriers d’entretien participeront à la grève.

En l’occurrence, aujourd’hui a marqué la fin d’une grève de quatre jours des débardeurs qui a eu un impact direct sur tous les secteurs du port de Montréal, à l’exception du grain, du vrac liquide et du service d’expédition Oceanex avec Terre-Neuve-et-Labrador. De plus, les deux grandes entreprises de terminaux ferme leurs opérations pendant une journée jusqu’à 7 heures samedi matin pour «assurer la sécurité» de leurs employés suite à des actes de violence présumés – faisant l’objet d’une enquête de la police de Montréal – commis par des débardeurs mercredi soir contre 50 cadres sur leur retour d’un travail de remplacement dans un terminal Termont. Le syndicat représentant quelque 175 contrôleurs a également lancé aujourd’hui une grève de 24 heures.

Les négociations qui ont récemment échoué à nouveau visent à rédiger une nouvelle convention collective pour remplacer celle qui a expiré le 31 décembre 2018. Les enjeux clés sont les horaires de travail et l’impact de l’automatisation alors que le Port de Montréal agrandit son infrastructure pour faire face notamment à la hausse du trafic de conteneurs, qui a atteint un record de 1,7 million d’EVP l’an dernier.

En l’absence de résolution en vue, les milieux d’affaires ont exprimé des inquiétudes croissantes concernant les retombées sur l’économie canadienne et la préservation de l’image de Montréal en tant que porte d’entrée de transport nord-américaine fiable.

Au moins une douzaine de navires en route ou dans la zone portuaire subiraient des retards. Les observateurs voient les risques de détournement de cargaison se développer bientôt si le conflit persiste beaucoup plus longtemps.

«L’incertitude croissante est vraiment inquiétante pour les importateurs et les exportateurs et pour l’image de stabilité du deuxième plus grand port du Canada», a déclaré Bob Ballantyne, président de l’Association canadienne du fret, à Maritime Magazine. Il a laissé entendre que la situation pourrait bientôt justifier une intervention gouvernementale – un point de vue partagé par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, les Manufacturiers et exportateurs du Québec et d’autres associations de l’industrie.)

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