Le Syndicat des débardeurs de Montréal réagit avec colère à la loi de retour au travail d’Ottawa

 

 

Par Leo Ryan, rédacteur en chef

Le syndicat qui représente 1 150 débardeurs en grève au port de Montréal a exprimé aujourd’hui sa colère après que la Chambre des communes a approuvé une loi de retour au travail du jour au lendemain. Le projet de loi C-29 sera maintenant soumis au Sénat vendredi, où il sera probablement également adopté, et entrera peut-être en vigueur samedi. Par la suite, un médiateur-arbitre nommé déterminerait le contenu d’une nouvelle convention collective.

Le projet de loi a reçu 255 voix pour et 61 voix contre, car le Parti conservateur a appuyé le gouvernement minoritaire libéral. Le parti néo-démocrate et le Bloc québécois se sont opposés à la loi spéciale introduite en raison de l’impact croissant du conflit prolongé au bord de l’eau entre l’Association des employeurs maritimes (AEM) et le SCFP 375 sur l’économie canadienne et la chaîne d’approvisionnement.

« Tout au long de ce processus, nous nous sommes engagés à retourner au travail si l’employeur annulait les modifications unilatérales et injustes aux conditions de travail de nos membres, a rappelé le président national Mark Hancock. L’employeur préférait clairement éviter de négocier. Il a réussi à manipuler les libéraux pour qu’ils fassent pencher la balance en sa faveur. »

La section locale 375 du SCFP s’est mise en grève lundi en réponse à la décision de l’AEM de prolonger les quarts de travail et d’apporter des modifications aux dispositions de revenu garanti dans la convention collective. L’accord existant a expiré en décembre 2018.

« Les libéraux ont démontré une fois de plus que quand ça compte, ils ne sont pas amis des travailleurs, a dit le secrétaire-trésorier national du SCFP, Charles Fleury. Les tribunaux ont établi à maintes reprises que les lois de retour au travail violaient les droits garantis par la Charte. Aujourd’hui, M. Trudeau a démontré qu’il ne respectait pas la Charte que son père a fait adopter pendant qu’il était premier ministre. »

Le vote du Parti conservateur en faveur du projet de loi C-29 a au moins le mérite de clarifier les choses pour ceux qui croyaient que le chef conservateur Erin O’Toole était du côté des travailleurs. « Il y a un autre point en commun entre les conservateurs et les libéraux : ce sont deux partis qui parlent de soutenir les travailleurs et qui leur tournent le dos dès que ça chauffe un peu », a conclu M. Hancock.

Jeudi à Montréal, le syndicat a ordonné à ses membres de ne pas piqueter ce jour-là, mais plutôt de converger en masse vers le siège du SCFP où le porte-parole en chef du syndicat Michel Murray a donné une conférence de presse dans l’après-midi.

“Le syndicat contestera la validité de ce projet de loi”, a déclaré M. Murray. Qualifiant le projet de loi de retour au travail inconstitutionnel, il a déclaré que le syndicat avait déposé des plaintes auprès de l’Organisation internationale du travail parce que le Canada est signataire de deux traités internationaux concernant le droit de grève des travailleurs.

Entre-temps, plusieurs porte-conteneurs Hapag-Lloyd à destination de Montréal sont ancrés au large de la station de pilotage des Escoumins sur le fleuve Saint-Laurent, à quelque 260 milles marins de Montréal, en attente d’instructions supplémentaires. MSC faisait partie des autres transporteurs dont les navires étaient destinés à Montréal.

Le port d’Halifax a fait état d’un «statu quo» – sans aucun signe encore de transporteurs détournant des navires vers Halifax comme ils l’ont fait lors de la série d’arrêts de travail d’août 2020 à Montréal. (photo SCFP)