Une ébauche de rapport considère que le projet Contrecoeur du port de Montréal ne déclencherait que des effets environnementaux modérés

 

Par Leo Ryan, rédacteur en chef

L’Agence d’évaluation d’impact du Canada, dans son projet de rapport tant attendu, a conclu que le projet de terminal à conteneurs de Contrecœur du port de Montréal «n’est pas susceptible d’entraîner des effets environnementaux négatifs importants, compte tenu de la mise en œuvre des principales mesures d’atténuation».

L’Agence conclut également dans son rapport publié le 18 novembre que le projet, combiné à des projets passés, présents et futurs raisonnablement prévisibles, n’est pas susceptible d’entraîner des effets environnementaux cumulatifs sur les milieux humides, le chevalier cuivré et la rainette faux-grillon de l’ouest.

L’Agence a indiqué qu’elle n’était «pas en mesure de déterminer avec précision l’importance des effets cumulatifs sur l’utilisation actuelle des terres et des ressources à des fins traditionnelles par les peuples autochtones».

Les commentaires que les Premières Nations recevront pendant la période de consultation sur l’ébauche du rapport d’évaluation environnementale et les conditions potentielles seront pris en compte et aideront l’Agence à finaliser ses conclusions. Les commentaires publics des parties intéressées seront acceptés jusqu’au 18 décembre 2020. Le rapport final sera par la suite soumis au ministre de l’Environnement et du Changement climatique, qui décidera si le projet pourrait entraîner des effets environnementaux importants.

Les principales mesures d’atténuation mentionnées dans le rapport consisteraient à mettre en œuvre des plans de compensation pour les milieux humides, les poissons (création d’habitat du poisson et herbiers pour le chevalier cuivré), les oiseaux (construction de nichoirs d’hirondelles de rive) et les espèces à statut particulier (condos de chauves-souris) . «D’autres mesures, comme des clôtures de contournement pour la rainette faux-grillon de l’ouest, des mesures pour minimiser le rejet de solides en suspension dans le milieu aquatique et des mesures pour minimiser les contaminants atmosphériques pourraient aider à atténuer les effets du projet sur les composantes valorisées.

L’Agence a également identifié des exigences de suivi pour vérifier la prévision des effets sur les composantes valorisées et l’efficacité des mesures d’atténuation proposées. Les résultats de ces suivis seraient soumis à l’Agence pour examen en collaboration avec les autorités fédérales et seraient partagés avec les représentants des Premières Nations et permettraient au promoteur d’apporter des corrections, si nécessaire.

Selon l’Agence, des effets environnementaux transfrontaliers négatifs importants peuvent également se produire lorsque les émissions du projet peuvent représenter un niveau élevé de contribution aux émissions de gaz à effet de serre provinciales ou nationales. Mais compte tenu de la faible contribution du projet aux émissions de gaz à effet de serre provinciales et nationales et de la mise en œuvre de mesures d’atténuation et de suivi, l’Agence a estimé que «le projet n’aura probablement pas d’effets environnementaux négatifs importants liés aux émissions de gaz à effet de serre».

De son côté, le Port de Montréal a déclaré que la publication de l’ébauche de rapport représentait une «nouvelle étape» pour le projet de Contrecœur qui coûtait entre 750 et 900 millions de dollars.

L’Administration portuaire de Montréal a déclaré qu’elle procédait «à l’analyse du rapport et réitère son engagement à mettre en œuvre des mesures d’atténuation et de compensation exemplaires. Il restera également à l’écoute des demandes de l’Agence du début à la fin de la conception, de la construction et de l’exploitation du projet afin de favoriser une intégration harmonieuse dans la communauté.

 Le projet de terminal soutiendra la croissance du marché des conteneurs au cours des prochaines décennies et consolidera la compétitivité de l’écosystème logistique et industriel de l’Est du Canada, a déclaré l’APM. Ce projet a été développé en collaboration avec une foule de partenaires locaux, régionaux et nationaux, à partir de 2014. Des centaines de citoyens, de nombreux intervenants provinciaux et fédéraux, des experts scientifiques et des représentants des Premières Nations ont participé à la fois au processus de préconsultation de l’APM et à celui du processus indépendant de l’Agence..

Avec le soutien de la Banque de l’infrastructure du Canada et de partenaires privés, le port de Montréal a l’intention de développer un nouveau terminal à conteneurs à la fine pointe de la technologie pour traiter 1,15 million d’équivalents vingt pieds (EVP) une fois terminé. Cela ferait passer la capacité du port de 2,1 millions d’EVP à 3,5 millions d’EVP.

Située dans une zone industrielle, la réserve foncière de Contrecœur à 40 km en aval du fleuve Saint-Laurent a été acquise il y a plus de 30 ans par l’Administration portuaire de Montréal et a fait l’objet d’une planification collaborative minutieuse pour soutenir le développement de la chaîne d’approvisionnement au Québec et Est du Canada. (Rendu artistique du terminal prévu)

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