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Une élection qui tombe bien mal pour Davie Canada

Federal election bad timing for Davie Canada


2019-09-11

 

 

Lévis, 10 septembre, MARITIME MAGAZINE - En cette journée de déclenchement des élections fédérales, Chantier Davie a tenu un point de presse à ses installations de Lévis en conviant à s'exprimer le maire de la ville, Gilles Lehouillier, Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches, et Me André Y. Komlosy, Président Centre-du-Québec de l'Association des fournisseurs du chantier Davie Canada.

Un peu d'histoire

La raison de faire le point sur l'inclusion d'un troisième chantier dans la Stratégie nationale de construction navale du Canada à ce moment-ci, tient du fait qu'un nouveau joueur s'est pointé le nez à la dernière minute dans ce processus, bénéficiant d'un prolongement de la mise en candidature des chantiers, ainsi qu'un changement aux conditions à l'éligibilité, chose que le gouvernement fédéral avait catégoriquement refusée à Davie en 2011, le privant ainsi des contrats de navires fédéraux de 60 milliards. Ann Gingras n'hésite pas à rappeler publiquement au candidat conservateur de Lévis, Stephen Blainy, que c'est sur son quart que s'est produite cette «erreur historique»

Davie se trouvait pourtant alors dans une situation similaire à celle de Heddle Marine de Port Colborne, Ontario, c'est-à-dire en restructuration après un arrêt de ses activités. Toute ressemblance entre les deux chantiers s'arrête là. Le dernier navire construit à Port Coborne en 1992 est un petit traversier, six après la construction d'un autre petit traversier en 1986. Cependant, l'une des exigences du fédéral décriée par Heddle comme favorisant Davie, les chantiers navals éligibles doivent avoir exécuté récemment, ou du moins avoir en main un contrat pour la construction d'un navire pesant plus de 1 000 tonnes, ce qui est loin de représenter un grand bâtiment tel que les brise-glaces qui font l'objet de l'appel d'offres.

Néanmoins, le gouvernement fédéral a modifié d'autres conditions après les allégations de partialité envers le chantier Chantier Davie par la firme ontarienne. Les chantiers navals devront désormais démontrer qu'ils peuvent construire des navires mesurant au moins 110 mètres de long et 20 mètres de large, soit moins que l'exigence initiale, qui était de 130 mètres de long sur 24 mètres de large, éliminant d'emblée Port Weller Dry Docks (Heddle), leurs installations sur le canal Welland les empêchant de livrer un navire l'hiver, autre condition levée par le fédéral. Le gouvernement a également prolongé la date de mise en candidature de deux semaines, soit jusqu'au 30 septembre.

De plus, Heddle a publiquement mis en doute le processus d'achat, affirmant que celui-ci semblait favoriser Chantier Davie (basé au Québec). À sa demande, le Tribunal canadien du commerce extérieur a accepté d'enquêter sur la plainte de Heddle. Cependant, Travaux publics et Services gouvernementaux Canada a ordonné le rejet de cette plainte pour des raisons de sécurité nationale.

Selon Ann Gingras, «Davie, le plus grand chantier naval canadien, est le seul qualifié pour répondre à la demande dans les délais et les coûts prescrits tout en livrant un produit de qualité». La syndicaliste n'a d'ailleurs pas hésité à relever des inconsistances dans la démarche de Heddle Marine, qui s'était défini lui-même comme un chantier de réparation. Elle a aussi rappelé comment le fédéral avait dû retirer un contrat de réparation à Heddle, qui a quand même reçu près de 98 % du montant du contrat de 4 millions $, bien que la réparation ait été retardée de six mois, et n'étant toujours pas terminée lorsque le gouvernement a retiré son navire de recherche Hudson de Port Weller, craignant que le navire ne se retrouve coincé dans le canal pour un deuxième hiver.
Le retard a obligé la Garde côtière à dépenser plus de 2,5 millions de dollars en navires d'affrètement pour effectuer des relevés en mer, le Hudson n'étant pas disponible.

Et maintenant l'élection

Devant cette nouvelle incertitude, «qui nuit au recrutement de la main-d'oeuvre», le maire Gilles Lehouillier souhaite que la position du constructeur soit réaffirmée et dit vouloir profiter de la campagne électorale pour demander aux partis politiques «de se compromettre le plus rapidement possible, et avec un échéancier».

Fort d'une association de fournisseurs panquébécoise et d'un nouveau modèle de production provincial, il est clair pour le maire de Lévis que «développer Davie, c'est développer les régions de Québec».
André Komlosy, président de l'Association des fournisseurs de Chantier Davie Canada, abonde dans ce sens: «Dans les 13 régions administratives, on compte 839 entreprises membres et on invite les candidats des partis à se préparer à répondre aux inquiétudes des électeurs et des travailleurs concernés».

Alors que Davie s'attendait, comme l'avait laissé entendre le gouvernement, à ce que la décision soit déjà prise en ce moment, le président de l'Association ne comprend tout simplement pas «ce que vient faire Heddle là-dedans», jugeant le chantier inapte à répondre aux conditions de l'appel d'offres. Comme les deux autres intervenants, il réclame un engagement de la part du gouvernement, quel qu'il soit, et dans les plus brefs délais.

Certains diront qu'il n'est pas toujours  facile de faire affaire avec le gouvernement fédéral au Québec. Mais les gens rassemblés ce matin ont tous affirmé croire encore au processus engagé, tout en ne cachant néanmoins pas l'inquiétude que suscite l'élection. Gouvernement conservateur, libéral, majoritaire, minoritaire, autant de possibilités de mêler les cartes «dans un Canada à la situation géopolitique fragmentée» d'ajouté le maire, un politicien expérimenté qui était député libéral provincial avant son élection à la maire il y a six ans.

Il résume bien les idées exprimées en affirmant que «l'important est d'assurer la pérennité du chantier... car il y a beaucoup de contrats à venir et le gouvernement (fédéral) sait très bien que les deux chantiers déjà à l'?uvre ne peuvent pas fournir, et ce même s'ils ont été subventionnés pour s'équiper en vue d'améliorer leurs infrastructures, à l'encontre de l'entente de 2011, il faut ne pas l'oublier».
En résumé, on espère à Lévis et chez tous les fournisseurs de Davie que la politique ne change pas le cours des choses et que le meilleur gagne. Dans leur esprit, l'identité de ce gagnant est claire.

Photo Pierre Terrien: Un groupe de gens sereins mais inquiets quand même.


 

Lévis, September 10, MARITIME MAGAZINE - On the day the federal election was called, Chantier Davie held a press briefing at its Lévis facility by inviting the mayor of the city, Gilles Lehouillier, Ann Gingras, president of the Central Council of Quebec Chaudière-Appalaches, and Me André Y. Komlosy, President Centre-du-Québec of the Davie Canada Contractors Association.

 

A bit of background

 

The reason for taking stock of the inclusion of a third shipyard in Canada's National Shipbuilding Strategy at this time is that a new player came up at the last minute, benefiting from an extended nomination process, and a change in eligibility conditions. The federal government had categorically denied Davie such treatment in 2011, thereby blocking them access to federal contracts of 60 billion which were allotted to Vancouver (Seaspan) and Halifax (Irving) shipyards. Ann Gingras did not hesitate to publicly remind the Conservative candidate of Lévis, Stephen Blainy, that it's on his watch that this "historical error" occurred.

Davie, however, was in a situation similar to that of Heddle Marine from Port Colborne, Ontario, that is, restructuring after a shutdown. Any resemblance between the two yards stops there. The last ship built at Port Colborne in 1992 is a small ferry, six years after the construction of another small ferry in 1986. However, one of the federal requirements decried by Heddle as favouring Davie, says the eligible shipyards must have executed recently, or at least have a contract for the construction of a ship weighing more than 1,000 tonnes, which is far from a large construction such as the icebreakers that are the subject of the call to tenders.

After the allegations of bias towards Chantier Davie by the Ontario firm, the federal government changed some conditions to their requirements. Shipyards will now have to demonstrate that they can build ships at least 110 metres long and 20 metres wide, which is less than the initial requirement, which was 130 metres long by 24 metres wide, eliminating Port Weller Dry Docks (Heddle). Their facilities on the Welland Canal also prevented them from delivering a ship in winter, another condition lifted by the federal government. The government also extended the two-week nomination deadline to September 30.

In addition, Heddle publicly questioned the purchase process, claiming that it seemed to favour Chantier Davie (based in Quebec). At its request, the Canadian International Trade Tribunal agreed to investigate Heddle's complaint. However, Public Works and Government Services Canada has ordered the dismissal of this complaint for reasons of national security.

According to Ann Gingras, "Davie, Canada's largest shipyard, is the only one qualified to meet the demand on time and cost while delivering a quality product." The unionist did not hesitate to point out inconsistencies in the approach of Heddle Marine, which had only recently defined itself as a repair site. She also recalled how the federal government had to withdraw a repair contract from Heddle, which still received nearly 98% of the $4 million contract amount, although the repair was delayed by six months, and still not completed when the government withdrew its research vessel Hudson from Port Weller, fearing that the ship would be stuck in the canal for a second winter.

The delay forced the Coast Guard to spend more than $2.5 million on charter vessels to survey at sea, as the Hudson was not available.

 

And now the election

 

Faced with this new uncertainty, "which harms the recruitment of the workforce," Mayor Gilles Lehouillier hopes that the position of the Lévis shipyard is reaffirmed and said he wants to take advantage of the election campaign to ask political parties, "to commit quickly, and with a timetable".

With a pan-Quebec supplier association and a new provincial production model, it is clear to the mayor that "developing Davie means developing all regions of Quebec."?André Komlosy, president of the Chantier Davie Canada Supplier Association, agrees: "In the 13 administrative regions, there are 839 member companies and party candidates are encouraged to prepare to respond to the concerns of the voters and workers concerned."

While Davie expected, as the government had suggested, that the decision would already have been announced at this time, the president of the Association simply does not understand "what Heddle is doing in there," deeming the yard unfit to meet the conditions of the tender. Like the other two speakers, he calls for a commitment from the government, whatever it is, and as soon as possible.

Some will say that it is not always easy to do business with the federal government in Quebec. But the people gathered this morning all said they still believe in the process, while not hiding their concern over the election. Conservative, Liberal, majority, minority government, so many opportunities to mix the cards « in a Canada with a very fragmented geopolitical situation» adds Lehouillier, a seasoned liberal provincial MP before he was elected mayor six years ago.

He summarizes the ideas expressed by saying that "the important thing is to ensure the sustainability of Davie ... because there are many contracts to come and the (federal) government knows very well that the two yards already at work cannot deliver all the merchandise, even if they have been subsidized to improve their infrastructures, « against the 2011 agreement, we must not forget."

In short, it is hoped in Lévis and at all Davie's suppliers across Quebec, that politics does not change the course of things and that the best wins. In their minds, the identity of this winner is clear.

Photo: Pierre Terrien, a serene and yet worried group of people.


 
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