Le port de Montréal réagit au préavis de grève générale illimitée des débardeurs

 

Montréal – Le Syndicat des débardeurs, SCFQ, section locale 375 ayant fait parvenir un préavis de grève générale d’une durée illimitée débutant lundi à l’Association des employeurs maritimes (AEM), l’Administration portuaire de Montréal (APM) déplore une situation qui aura des impacts importants et concrets pour la population et les PME d’ici, avec un arrêt complet et illimité des opérations portuaires dès aujourd’hui, une grève partielle étant déjà en cours pour le week-end.

La grève générale illimitée débutant lundi mettra à l’arrêt pour une durée indéterminée une infrastructure publique qui est au service de millions de Québécois et de Canadiens et où circule une valeur de 275 M$ de biens chaque jour, allant des produits agroalimentaires aux produits pharmaceutiques, en passant par des matériaux de construction et des produits phares exportés par nos entreprises d’ici. Une récente étude économique estime qu’une interruption des activités portuaires représente une perte de 10 M$ à 25 M$ par jour pour l’économie. Rappelons que l’incertitude liée au conflit de travail qui perdure depuis des mois a déjà des impacts bien concrets, notamment le détournement de certains navires vers des ports concurrents par les lignes maritimes.

« Le Port de Montréal est une infrastructure stratégique au service des entreprises importatrices et exportatrices ainsi que des citoyens du Québec et du Canada. Ce nouvel arrêt de travail est un frein au rôle-clé que jouent les opérations portuaires dans la relance économique et entraînera des impacts importants et très concrets pour la population et les PME d’ici », a déclaré M. Martin Imbleau, président-directeur général de l’Administration portuaire de Montréal. « Ce sont des matières premières destinées à nos usines, des ordinateurs pour le télétravail et des fruits exotiques frais qui n’arrivent plus sur nos quais, ou encore du sirop d’érable et du porc des producteurs québécois qui ne peuvent plus être distribués aux quatre coins du monde via le Port de Montréal. Il est donc urgent d’en venir à une entente entre les deux parties. »

Au cours des derniers jours, les principales associations d’affaires québécoises et canadiennes ont à nouveau sonné l’alarme dans des déclarations communes. De plus, selon un nouveau sondage mené par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, près du tiers des PME canadiennes estiment qu’une 2e grève aurait des répercussions négatives sur leur entreprise. Au Québec, c’est 53% des entrepreneurs qui appréhendent les effets. 

Des impacts importants

L’épisode récent de grève partielle, après un seul week-end d’arrêt, a déjà des impacts importants avec près de 10 000 conteneurs EVP (équivalents vingt pieds) cloués au sol, une accumulation et des délais au niveau des convois ferroviaires et l’obligation pour les lignes maritimes qui ont des navires en route vers Montréal de revoir leur logistique.

Rappelons que les épisodes totalisant 19 jours de grève à l’été 2020 ont entraîné des impacts importants pour l’économie, alors que 20 navires ont dû être détournés. Au total, 80 000 conteneurs EVP (équivalents vingt pieds) remplis de marchandise que nous consommons au quotidien ont été acheminés vers des ports concurrents ou encore ont été cloués au sol.

Selon la grappe industrielle en transport et logistique CargoM, plus de 6 300 entreprises du Grand Montréal en transport et logistique qui supportent les opérations portuaires sont aussi touchées directement par une grève au Port.

Perturbation de plusieurs services portuaires

Le préavis de 72 heures déposé ce matin prévoit une grève générale d’une durée illimitée des débardeurs débutant le lundi 26 avril, entraînant la cessation complète de la manutention des marchandises et des services d’amarrage ordinairement fournis par les débardeurs dans les terminaux du port de Montréal. Rappelons qu’une grève partielle étant déjà en cours, aucun service ne sera non plus offert durant le week-end précédent la grève générale illimitée.

La manutention de vrac liquide, le service Oceanex (terminal Bickerdike) et le terminal céréalier (Viterra) ne seront pas touchés par cette situation.

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