Le conflit de travail du secteur riverain de Montréal se détériore

Photo: CUPE Local 375

Par Leo Ryan, rédacteur en chef

Le différend amer et prolongé entre les employeurs du port de Montréal et les travailleurs du secteur riverain s’est détérioré, les contrôleurs se joignant aux débardeurs pour mener une action de grève – et suscitant un cri d’alarme de la puissante association de l’industrie du fret qui est la voix nationale des expéditeurs au Canada. Il s’agit de la troisième action de grève de durée limitée ce mois sur le front de mer de Montréal.

«L’incertitude croissante est vraiment préoccupante pour les importateurs et les exportateurs et pour l’image de stabilité du deuxième plus grand port du Canada», a déclaré Bob Ballantyne, président de l’Association canadienne de gestion du fret (FMA) lors d’une entrevue avec Maritime Magazine.

«Si les deux parties ne parviennent pas à un règlement, l’effet d’entraînement sur l’économie canadienne augmentera et la seule solution de rechange pourrait être que le gouvernement fédéral intervienne avec une loi de retour au travail», a-t-il déclaré.

Mais M. Ballantyne a laissé entendre qu’en appelant à des grèves de durée limitée, les syndicats du secteur riverain semblaient essayer d’éviter toute intervention directe du gouvernement.

La FMA représente les intérêts des entreprises de transport qui contribuent plus de 100 milliards de dollars annuellement à l’économie canadienne. Les membres achètent plus de 4 milliards de dollars par an en services de transport.

Le syndicat représentant quelque 175 contrôleurs, International Longshoremen’s Association 1657, a annoncé mardi soir que la grève contre l’Association des employeurs maritimes (MEA) débutera le vendredi 31 juillet à 6h00 et se terminera le samedi 1er août à 6h00. L’action des contrôleurs débutera donc au moment même où se termine la grève de quatre jours de plus de 1 100 débardeurs. C’est la première fois en plus de 30 ans que la section locale 1657 de l’ILA a recours à la grève, a indiqué le syndicat.

Sont exclus des deux arrêts de travail la manutention de vrac liquide, les opérations céréalières et le service d’expédition Oceanex avec Terre-Neuve-et-Labrador. Mais le fret général, les autres opérations en vrac et les terminaux à conteneurs sont touchés.

«L’Association des employeurs maritimes, qui représente les exploitants de terminaux, n’a pas reconnu et traité de nombreux problèmes affectant la sécurité d’emploi des membres de la section locale 1657 de l’ILA», a affirmé Ian Mulcahy, président.

«Les opérateurs de terminaux ont commencé à introduire une technologie spécialement conçue pour éliminer les emplois et la sécurité des contrôleurs. En outre, les questions d’horaire, d’heures de travail et d’autres questions de fond restent non résolues et continuent de dissuader les parties de conclure une convention collective.

«Les hommes et les femmes de la section locale 1657 de l’ILA ont continué à travailler 7 jours sur 7 tout au long de la pandémie de COVID-19 pour maintenir la chaîne d’approvisionnement, au péril de leur propre santé et sécurité et de celles de leurs familles tandis que la MEA annonçait qu’elle éliminait« l’emploi dispositions de sécurité »de la convention collective, laissant un certain nombre d’employés sans salaire.

M. Mulcahy a déclaré que cette décision était un «acte de provocation planifié» qui «démontrait clairement le manque de respect de la MEA envers les membres du syndicat et leurs droits négociés».

Suite à l’impasse persistante des négociations, les débardeurs appartenant à la section locale 375 du SCFP ont lancé une grève de quatre jours lundi de cette semaine pour renouveler une convention collective qui a expiré le 31 décembre 2018. Cela fait suite à un arrêt de travail de 40 heures le 2 juillet qui s’appliquait uniquement aux deux terminaux à conteneurs de Montreal Gateway Terminals Partnership. Le différend serait principalement centré sur les horaires de travail qui ont imposé des exigences exceptionnelles au cours des deux dernières années en raison d’une forte croissance, en particulier dans le secteur des conteneurs de Montréal.

Plus tôt cette semaine, le porte-parole du SCFP 375, Michel Murray, a affirmé que «l’employeur a supprimé la partie de l’équilibre travail-vie privée que nous recherchions.

Lors d’une conférence de presse, M. Murray a déclaré que le but de la grève était «de forcer le mouvement dans les négociations, mais il est clair que la seule réponse que nous avons obtenue ce matin (lundi) est l’utilisation de briseurs de grève. Ce dernier était une référence apparente à un opérateur de terminal, qu’il a dit être Termont, utilisant du personnel de direction pour faire fonctionner «certaines machines».

Le port de Montréal s’est dit préoccupé par le conflit de travail et son impact potentiel sur le trafic maritime tandis que la MEA a souligné qu’elle était «extrêmement déçue» des actions de grève par opposition à la poursuite des négociations.

Les actions de grève des syndicats du secteur riverain font suite à une décision du Conseil canadien des relations industrielles sur une décision demandée par la MEA selon laquelle les débardeurs fournissaient un service essentiel qui ne pouvait pas être interrompu par une grève. Le CCRI a statué que les employeurs maritimes n’avaient pas démontré qu’une grève causerait «un risque imminent et grave pour la santé et la sécurité du public». Il a mis en évidence d’autres itinéraires et modes de transport de marchandises.

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