Des coûts hors de contrôle pour la stratégie de la construction navale du Canada

 

Par Leo Ryan, rédacteur en chef

Les dernières divulgations montrent que les coûts dépassent largement les estimations originales du programme de plusieurs milliards de dollars d’Ottawa visant à construire de nouveaux navires pour la Marine royale canadienne et la Garde côtière canadienne. Tout cela indique des décisions politiques difficiles à prendre pour le gouvernement du premier ministre Trudeau.

Tout d’abord, il y a eu la divulgation selon laquelle le département fédéral des achats a discrètement révélé qu’il prévoyait de payer près d’un milliard de dollars canadiens pour construire un nouveau navire de recherche océanique pour la Garde côtière. Son coût initial était évalué à un dixième de ce montant.

Le ministère avait publié le nouveau coût en ligne vendredi dernier – le même jour qu’il a attribué aux chantiers navals Seaspan de Vancouver un contrat de 453,8 millions de dollars pour permettre à l’entreprise de faire passer le projet de navire océanographique offshore (OOSV) de la phase de conception à la phase de construction complète. La livraison est prévue pour 2024 pour remplacer le NGCC Hudson, le plus ancien navire scientifique de la Garde côtière.

Puis, mercredi cette semaine, le directeur parlementaire du budget (DPB) du Canada, Yves Giroux, a estimé que la future série de 15 frégates de la Marine pourrait coûter au moins 77,3 milliards de dollars, soit 17 milliards de dollars de plus qu’une estimation fédérale initiale. Le coût unitaire de plus de 5 milliards de dollars pourrait encore augmenter si d’autres revers frappaient le programme en proie à des retards.

Le gouvernement fédéral fonde les nouveaux combattants de surface sur la conception de la frégate britannique Type 26.

Le comité des opérations gouvernementales de la Chambre des communes a demandé au bureau du budget de calculer les coûts d’autres modèles – à savoir la frégate multimissions FREMM choisie par nos voisins du sud et un autre navire de guerre britannique, le type 31E. Alors que le Canada pourrait économiser de l’argent en abandonnant les programmes existants et en passant à d’autres modèles, le calendrier de production serait repoussé d’environ quatre ans, selon M. Giroux.

Le bureau du budget calcule que la suppression du programme existant et le passage à la frégate de type 31 coûteraient 27,5 milliards de dollars. Et le coût d’acquisition de 15 navires FREMM est évalué à 71 milliards de dollars – pas loin du prix du programme actuel, mais représentant néanmoins une économie.

L’automne dernier, le ministère de la Défense nationale (MDN) a soutenu qu’il pourrait construire les 15 frégates de type 26, en vertu d’un contrat avec Irving Shipbuilding et Lockheed Martin Canada, pour un montant maximal de 60 milliards de dollars.

Dans une déclaration publiée le 24 février, le MDN a souligné que la décision de choisir la conception de type 26 reposait sur ses capacités.

«Comme l’a fait remarquer le DPB», a déclaré le MDN, «d’autres options de conception qu’il a examinées auraient des capacités« plus limitées »et« modestes »que la conception que nous avons choisie. Ces réductions entraveraient la capacité d’exécuter les rôles et missions assignés pour assurer la sécurité des Canadiens au pays et à l’étranger.

Dans le même temps, Karen Hogan, vérificatrice générale du Canada, a émis aujourd’hui des commentaires critiques sur le rendement de la Stratégie nationale de construction navale dans le cadre d’un rapport évaluant divers ministères.

«Dans l’ensemble, nous avons constaté qu’au cours de notre période d’audit, la Stratégie nationale de construction navale a mis du temps à livrer les navires de combat et autres navires dont le Canada a besoin pour respecter ses obligations nationales et internationales en matière de science et de défense», a déclaré Mme Hogan dans une déclaration liminaire à Ottawa.

«La livraison de nombreux navires avait été considérablement retardée. D’autres retards pourraient entraîner le retrait de plusieurs navires avant que leur remplacement ne soit opérationnel.

«La Défense nationale, Pêches et Océans Canada, Services publics et Approvisionnement Canada et Innovation, Sciences et Développement économique Canada ont réagi aux problèmes ayant une incidence sur la livraison rapide des navires. Ils ont pris des décisions clés au cours de l’audit afin d’améliorer les perspectives de livraisons futures en temps opportun.

«Cela dit, je suis toujours préoccupé par le fait que la stratégie a tardé à se concrétiser. Compte tenu de l’impact inconnu de la pandémie du COVID-19 sur le travail dans les départements et les chantiers navals, et avec le gros des nouveaux navires à construire, les départements doivent rechercher des occasions pour améliorer encore leur gestion des risques et des imprévus.

(photo: rendu d’artiste de la frégate britannique Type 26)

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