Des associations soumettent une proposition forte à l’OMI sur la R&D en décarbonisation

Une proposition visant à créer un fonds pour soutenir la recherche et le développement de navires à émissions nulles a été soumise aujourd’hui à l’OMI pour discussion lors de la prochaine réunion du Comité de protection du milieu marin de l’OMI en avril 2020. Si elle est adoptée et entre en vigueur en tant qu’amendement pour MARPOL, il établirait un prélèvement sur chaque tonne de soutes dans le monde entier.

La proposition est soutenu par huit organisations maritimes – BIMCO, Cruise Lines International Association, International Chamber of Shipping (ICS) Intercargo, Interferry, Intertanko, International Parcel Tankers Association, et le World Shipping Councel et serait financé par les compagnies maritimes du monde entier via une contribution R&D obligatoire de 2 USD par tonne de carburant marin acheté pour la consommation par les compagnies maritimes dans le monde, ce qui générerait environ 5 milliards USD de financement de base sur une période de 10 ans.

L’ICS note dans un communiqué que la réalisation des objectifs de réduction des GES de l’OMI nécessitera le déploiement de nouvelles technologies et systèmes de propulsion zéro carbone, tels que l’hydrogène vert et l’ammoniac, les piles à combustible, les batteries et les carburants synthétiques produits à partir de sources d’énergie renouvelables. Celles-ci n’existent pas encore sous une forme ou une échelle pouvant être appliquée aux grands navires commerciaux, en particulier à ceux qui effectuent des voyages transocéaniques et qui dépendent actuellement des combustibles fossiles. »

Le fonds serait géré par une organisation non gouvernementale de R&D, dénommée Conseil international de recherche et de développement maritime (IMRB), qui serait supervisée par les États membres de l’OMI. Chaque navire aurait un compte à l’IMRB, lié à son numéro OMI unique et couplé au système de collecte de données sur le mazout de l’OMI pour confirmer que le bon montant ait été payé.

Bien que le programme de R&D et son financement soient une initiative des principales associations d’armateurs internationaux, une participation supplémentaire des parties prenantes est la bienvenue. Un fonds mondial peut être rapidement mis en place et l’industrie du transport maritime est convaincue que d’autres parties prenantes voudront également contribuer, générant potentiellement un financement supplémentaire substantiel pour la R&D.

S’exprimant sur l’annonce, Esben Poulsson, président de l’ICS a déclaré: «La coalition des associations industrielles derrière cette proposition fait preuve d’un véritable leadership. L’industrie du transport maritime doit réduire ses émissions de CO2 pour relever le défi ambitieux que l’Organisation maritime internationale a lancé. L’innovation est donc vitale si nous voulons développer les technologies qui alimenteront la 4e révolution de la propulsion. Cette proposition est simple, responsable et livrable et nous espérons que les gouvernements appuieront cette démarche audacieuse. »Il pense que les avantages commerciaux découleront des nouvelles technologies qui émergeront du projet. «De nombreux instituts de recherche et grands armateurs [investissent] massivement pour trouver la solution à ce problème, car le carburant représente la plus grosse dépense d’un armateur», il existe donc une incitation commerciale à réduire son utilisation.

Guy Platten, secrétaire général de l’ICS a ajouté: «Nous ne devons pas laisser à d’autres le soin de faire face à la crise climatique. Nous ne demanderons pas non plus aux autres de décider de l’avenir du maritime. Nous assumons notre responsabilité et nous demandons aux gouvernements du monde d’appuyer nos efforts. «Greta Thunberg a raison de dire que« la comptabilité créative et les relations publiques intelligentes »sont souvent derrière les engagements supposées en matière de développement durable, mais nos plans sont transparents et notre régulateur a du mordant. Maintenant, nous demandons à la communauté maritime au sens large de leur bénédiction. Le changement à cette échelle est difficile et souvent intimidant. Mais dans ce cas, cela ne pourrait pas être plus nécessaire. » Image: Armateurs de France

Une copie de la proposition complète est disponible ICI.

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